La législation sur la délégation d’actes vétérinaires aux ASV pourrait bientôt changer. En France, actuellement, les auxiliaires vétérinaires ne peuvent pas légalement pratiquer certains actes médicaux. Cependant, un projet de loi pourrait changer la donne.
Dans cet article, vous découvrirez les enjeux de cette évolution et comment elle pourrait améliorer l’accès aux soins, offrir plus de responsabilités aux auxiliaires vétérinaires et soulager les vétérinaires de certaines tâches.
Contexte : pénurie de vétérinaires, difficultés d'accès aux soins pour les animaux, rôle crucial des ASV
La pénurie de vétérinaires partout en France engendre de sérieuses difficultés d’accès aux soins pour les animaux. Les cabinets sont souvent débordés, ce qui prolonge l’attente pour des interventions parfois critiques.
Les auxiliaires vétérinaires (ASV) jouent un rôle essentiel dans ce contexte tendu. Ils assurent une multitude de tâches indispensables au bon fonctionnement des cliniques, permettant ainsi aux vétérinaires de se concentrer sur les cas nécessitant une expertise spécifique.
Cette situation souligne l’importance de repenser l’organisation du travail au sein des cliniques vétérinaires. La délégation d’actes vétérinaires aux ASV apparaît donc comme une solution pertinente pour améliorer l’accès aux soins, réduire les délais d’attente et optimiser l’usage du temps des vétérinaires.

L'état actuel de la législation
Interdiction de la délégation d'actes vétérinaires aux ASV en France
En France, la loi interdit aux auxiliaires vétérinaires (ASV) de réaliser des actes vétérinaires. Cette réglementation vise à garantir que seuls les vétérinaires puissent effectuer des procédures médicales sur les animaux.
Les ASV jouent un rôle crucial dans le soutien des vétérinaires, mais leurs tâches se limitent à des activités non médicales ou à des soins de base sous la supervision directe d’un vétérinaire.
Des exceptions existent cependant, permettant aux ASV de prescrire et d’administrer certains médicaments, toujours sous la responsabilité et le contrôle étroit d’un vétérinaire.
Exceptions : prescription et administration de certains médicaments sous la responsabilité d'un vétérinaire
Malgré cette interdiction de délégation d’actes aux ASV, la loi prévoit des exceptions pour certains médicaments. Les vétérinaires peuvent autoriser les ASV à prescrire et administrer ces médicaments spécifiques.
Dans ce cadre, chaque ASV doit suivre les instructions précises du vétérinaire responsable. Cela permet de soulager le travail des vétérinaires et assure la continuité des soins pour les animaux.
La responsabilité reste cependant du côté du vétérinaire, qui doit s’assurer que l’ASV est bien formé et compétent pour effectuer ces tâches.
Le projet de loi d'orientation agricole
Présentation du projet de loi d'orientation agricole et alimentaire
Le projet de loi d’orientation agricole et alimentaire vise à apporter des changements significatifs dans le domaine de la santé animale. L’article 7 de ce projet de loi propose d’ouvrir la possibilité de déléguer certains actes vétérinaires aux ASV.
Cela signifie que les auxiliaires spécialisés vétérinaires pourraient être autorisés à réaliser certains actes sous la supervision des vétérinaires, sous réserve de conditions strictes telles qu’une formation adéquate, une compétence avérée et une responsabilité partagée.
Ce projet de loi représente une avancée majeure en termes d’optimisation des ressources et d’amélioration de l’accès aux soins pour les animaux.
Cependant, il engendre un débat intense entre les partisans qui voient en cela une meilleure répartition des compétences et les détracteurs qui redoutent une mercantilisation de la profession vétérinaire.
Article 7 : ouverture de la possibilité de déléguer certains actes aux ASV
L’article 7 du projet de loi d’orientation agricole ouvre la possibilité de déléguer certains actes vétérinaires aux ASV. Cette mesure vise à mieux répartir les tâches et à désengorger les vétérinaires, tout en garantissant la qualité des soins.
Les conditions strictes de formation, de compétence et de responsabilité du vétérinaire encadrent cette délégation.
Cette ouverture pourra contribuer à améliorer l’accès aux soins pour les animaux tout en offrant un soutien précieux aux professionnels vétérinaires confrontés à une surcharge de travail.
Conditions strictes : formation, compétence, responsabilité du vétérinaire
Les conditions pour la délégation d’actes aux ASV incluent une formation appropriée. Le vétérinaire doit s’assurer que l’auxiliaire vétérinaire possède les compétences nécessaires pour effectuer les actes délégués en toute sécurité.
Néanmoins, la responsabilité du vétérinaire demeure engagée, assurant ainsi la supervision et la prise en charge des décisions médicales importantes.
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Les débats autour de la délégation d'actes
Certains professionnels soutiennent que la délégation d’actes permettrait une meilleure répartition des compétences et contribuerait au désengorgement des cabinets vétérinaires.
D’autres craignent qu’elle ne conduise à une mercantilisation de la profession et à une atteinte à la qualité des soins prodigués aux animaux.
Arguments en faveur
Une meilleure répartition des compétences permettrait aux ASV de prendre en charge certaines tâches, libérant ainsi du temps pour les vétérinaires. Cela désengorgerait les cabinets vétérinaires, offrant la possibilité d’offrir des soins plus rapidement et efficacement aux animaux malades.
De plus, en déléguant des actes spécifiques aux auxiliaires vétérinaires, on pourrait améliorer le bien-être des animaux en leur offrant un suivi plus régulier et personnalisé.
La délégation d’actes aux ASV serait avantageuse non seulement pour la répartition des tâches mais aussi pour l’amélioration de l’accès aux soins vétérinaires, en contribuant à diminuer les délais d’attente et à offrir des soins attentifs et de qualité.
Arguments contre
Cependant, certains s’opposent à la délégation d’actes vétérinaires aux auxiliaires vétérinaires, craignant que cela ne conduise à la mercantilisation de la profession.
Ils affirment également que cela pourrait compromettre la qualité des soins prodigués aux animaux.
De plus, les opposants à cette loi craignent que la protection des animaux ne soit pas suffisamment garantie.

L'avenir de la délégation d'actes
L’adoption du projet de loi initialement prévue fin 2023, a été reportée à 2024. Ainsi, le passage devant le Sénat pourrait avoir lieu vers le 17 juin. Les décrets d’application et la liste des actes délégables devraient être publiés, suivi de la formation des auxiliaires vétérinaires et la mise en place des protocoles de délégation.
Adoption du projet de loi prévue en 2024
Le projet de loi d’orientation agricole incluant la possibilité de déléguer certains actes vétérinaires aux ASV devrait être adopté en 2024. Cette évolution législative ouvrira la voie à une meilleure répartition des tâches au sein des cabinets vétérinaires, permettant ainsi une optimisation du temps des vétérinaires et un meilleur accès aux soins pour les animaux.
La publication des décrets d’application et de la liste des actes délégables suivra l’adoption du projet de loi, nécessitant une formation spécifique des ASV et la mise en place de protocoles de délégation.
Cette évolution législative est attendue avec impatience par de nombreux acteurs du domaine vétérinaire, bien que certains points soulèvent encore des débats au sein de la profession.
Conclusion
Pour répondre aux enjeux du système vétérinaire français, la délégation d’actes vétérinaires aux ASV représente une avancée indispensable. En permettant une meilleure répartition des tâches, elle contribue à optimiser l’efficacité des soins prodigués par les vétérinaires et à renforcer l’accessibilité des services vétérinaires pour les animaux.
Cette évolution s’avère bénéfique pour répondre à la pénurie de vétérinaires et à l’amélioration du bien-être animal, tout en garantissant une qualité de soins élevée.
Afin de relever les défis actuels du système vétérinaire français, il est crucial d’adopter une approche progressive et encadrée pour la mise en place de la délégation d’actes.
Ceci garantira la compétence des ASV, la supervision adéquate des vétérinaires et le respect des normes de soins, assurant ainsi une évolution équilibrée et bénéfique pour l’ensemble du secteur vétérinaire.
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